Mes lectures de début 2026

Je n’ai pas eu le loisir de publier ici mes notes de lectures depuis un moment (étant occupé à construire Midway) alors je me décide à le faire mais dans une forme plus courte.

L’argent expliqué à ma mère… et à son banquier - Jézabel Couppey-Soubeyran

Un court ouvrage qui explique la monnaie et la politique monétaire. Découvert via l’excellent podcast des éconoclastes. J’ai appris (ou ré-appris) pas mal de choses, c’est assez court, on ne rentre pas dans beaucoup de détails mais tant mieux, cela permet de bien cerner les concepts. Je retiens que ce ne sont pas les dépôts qui créent la monnaie mais bien les crédits que font les banques. On en apprend plus aussi sur la “monnaie hélicoptère” et la “monnaie volontaire”, outils proposés pour stimuler l’économie sans endetter les États.

J’ai lu ensuite tout une série d’ouvrages en vue de préparer mon voyage à Taïwan :

The Struggle for Taiwan - Sulmaan Wasif Khan

Un historique des relations entre les USA, la Chine et Taïwan. L’auteur nous offre une synthèse historique de la politique étrangère américaine et de son manque de lisibilité, les présidents successifs soufflant le froid puis le chaud au gré des relations avec la Chine.

Green Island - Shawna Yang Ryan

L’histoire d’une famille taïwanaise à travers les époques, marquée par le retour du père docteur après 11 ans d’emprisonnement suite aux mouvements populaires des années 40-50. Le récit, du point de vue de la fille, explore les complexités de la relation avec ce père qu’elle n’a pas connu enfant et qui garde beaucoup de secrets pour protéger sa famille. J’ai bien aimé que les personnages ne soient pas dépeints comme des héros sans reproche, chacun a ses limites et doit surtout composer avec les attentes et besoins de leurs proches.

Taiwan Travelogue - Shuang-zi Yang

Un livre que j’ai acheté pendant mon séjour sur l’île. C’est une fiction qui prend la forme d’un journal de voyage d’une écrivaine japonaise qui est invitée à faire un circuit de lectures à Taïwan du temps où l’île est sous l’occupation japonaise (1895-1945). C’est un personnage très indépendant, elle n’est pas mariée, elle bouffe comme un ogre, etc. Elle se lie d’amitié avec son interprète, une femme native de l’île mais leur relation est plus complexe malgré ce que pense la visiteuse. Même si la morale de l’histoire est un peu télégraphiée et que certains passages sur la nourriture sont très longs, on en apprend beaucoup sur la culture et l’influence du Japon sur la société taïwanaise.

Les lieux de Georges Perec

J’attendais que le livre se libère à la bibliothèque, je n’ai pas tout lu mais cela se feuillet très bien. L’idée de l’auteur était d’écrire chaque mois sur 2 des 12 lieux à Paris qu’il a choisis en fonction de son histoire avec eux.

Il écrivait deux fois sur un lieu : d’abord d’un point de vue purement descriptif lorsqu’il le visite et la deuxième fois de son expérience, ses souvenirs là-bas. En un an, il couvrirait tous les endroits deux fois, et il allait le faire 12 années de suite.

Le carré latin vient du mathématicien indien Indra Chakravarti, qui a fait en sorte pour Perec d’être sûr qu’une combinaison de 2 places n’apparaîtrait pas deux fois dans l’espace de 12 ans. Perec ne l’a jamais terminé.

Le texte intégral a été mis à disposition par l’éditeur, éditions du Seuil, ici.

The Children’s Bach - Helen Garner

Une novella de cette autrice australienne dont j’ai lu un portrait il y a quelques mois. La banlieue d’une ville australienne, un couple avec deux enfants dont un qui est handicapé. Une force externe sous la forme d’une ancienne camarade (et ses acolytes) d’université du mari vient bouleverser leur vie. Cela m’a donné envie de lire d’autres de ses ouvrages.

La vie devant soi - Romain Garin (Émile Ajar)

Un classique que j’avais omis de lire jusqu’à maintenant. On ne se cachera pas que l’histoire est triste, mais on y voit aussi une belle résilience du gamin qui grandit (trop) vite. La vie est dure pour lui, mais il y a de l’amour tout autour de lui. Et sa lucidité…

Moi, l’héroïne, je crache dessus. Les mômes qui se piquent deviennent tous habitués au bonheur et ça ne pardonne pas, vu que le bonheur est connu pour ses états de manque. Pour se piquer, il faut vraiment chercher à être heureux et il n’y a que les rois des cons qui ont des idées pareilles.

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Tu ne sais pas ce que tu dis, mon enfant, tu ne sais pas ce que tu dis.

Je ne suis pas votre enfant et je ne suis même pas un enfant du tout. Je suis un fils de pute et mon père à tué ma mère et quand on sait ça, on sait tout et on n’est plus un enfant du tout.

La prochaine étape est de voir le film, oscarisé, de Moshé Mizrahi avec Simone Signoret.

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