Mes lectures de l’été - Édition 2026
J’ai écrit « édition 2026 » mais c’est la première fois que j’utilise ce titre pour décrire un billet où je résume mes lectures de l’été.
La Trilogie Berlinoise - George H. Kerr
Ce bouquin a pas mal occupé mon été car c’est une compilation de 3 romans de l’auteur britannique. On me l’avait conseillé dans le passé du fait de mon intérêt pour les livres historiques, alors quand un ami m’a proposé son exemplaire, j’ai sauté sur l’occasion.
Les 3 parties peuvent se lire individuellement, il y a peu de liens entre elles (cela m’a permis de prendre des pauses). Le fil conducteur étant le personnage principal, un détective allemand, Bernhard Gunther, qui enquête dans la société berlinoise. On découvre cette dernière à 3 époques différentes : lors de la montée du nazisme en 1936, juste avant la Seconde Guerre mondiale en 1938 et après la défaite en 1947.
Bernhard Gunther n’est pas un partisan politique, c’est un ancien policier qui a assez de conscience pour avoir quitté l’administration policière avant que celle-ci ne devienne un appareil d’oppression.
Bien sûr la persécution des juifs est présente mais l’ancien journaliste se concentre sur la population allemande, celle des citoyens ordinaires mais aussi des dirigeants (notamment dans le second tome). Certains profitent de la situation, d’autres résistent et il y a ceux qui collaborent sans y être forcés, les fanatiques.
Au-delà des 3 enquêtes policières, la première et la dernière m’ont le plus intéressé. C’est bien l’évolution de la société allemande qui est décrite entre ces trois époques. Dans le dernier volume, la tension entre la culpabilité collective, l’envie de reconstruire le pays et enfin échapper au conflit naissant entre les USA et l’Union Soviétique est très bien décrite. Cela fait réfléchir à notre propre réaction face à une société, la sienne, qui prend un mauvais tournant.
Four Thousand Weeks - Oliver Burkeman
J’avais déjà lu des essais d’Oliver Burkeman (et notamment sa chronique dans The Guardian) mais celui-ci m’a vraiment plu.
Dans les livres sur le « self-help » (et dieu sait que cette catégorie est remplie de bouses) je le mets dans la même catégorie que Getting Things Done et Atomic Habits. C’est même un très bon compagnon car il prend une direction un peu opposée où il nuance bien le propos des autres ouvrages.
Les prémices tiennent dans le côté sans fin de ces méthodes d’optimisation de son temps. On aura toujours des tâches à faire et on n’aura jamais fini cette fameuse liste « to do ». La friction de ne pas les lister ou ne pas avoir la meilleure méthode apporte son lot de bienfaits. Elle permet de prendre du recul parfois sur ces engagements.
Il y a un effet pervers à optimiser son temps, on est toujours en train de penser au futur et cela impacte comment on vit le présent (souvent au détriment de ceux qui nous entourent).
Je résume son propos en 3 grands principes :
- Développer un goût pour les problèmes, ne pas sentir que le but est de ne plus en avoir du tout, cela n’arrivera jamais donc il faut vivre avec
- Pratiquer « l’incrémentalisme radical » i.e. en faire un peu tous les jours
- L’originalité s’apprend au début dans l’extrême banalité : la métaphore de la station centrale au centre d’une ville d’où tous les bus partent. Au début tous les bus utilisent le même tronçon puis au bout d’un moment ils divergent vers leur destination. Une carrière créative c’est un peu comme ça au début : on copie, on apprend des autres, mais il ne faut pas repartir à zéro si on s’en rend compte. Il faut persister.
J’oubliais, mais le titre fait référence au nombre moyen de semaines que compte une vie humaine.
Perfection - Vincenzo Latrinico
Heureusement que ce livre était court, j’ai failli arrêter avant la fin ce qui est assez rare pour moi. Il dépeint la vie d’un couple de designers graphiques italiens qui immigrent à Berlin, la capitale de cette classe de professionnels qui travaillent dans le milieu « créatif ».
Ils naviguent dans leur nouveau milieu qu’on retrouve dans les grandes villes comme Paris, Londres ou New York. Ils lisent le New Yorker et Monocle, ils vont au marché bio le samedi matin, ils marchent pour les bonnes causes et portent les marques de fringues tendance, chères mais pas tape-à-l’œil.
Je l’ai trouvé trop sarcastique et même limite misanthrope. Ce n’est même pas drôle. Je suppose que la façon dont il a été écrit (en utilisant la troisième personne) accentue ce sentiment. Les personnages ressemblent à des personnes de la génération Y génériques, des caricatures. Je comprends que son intention était peut-être de les rendre aussi simples que possible, mais cela manque de nuances et ça ne m’a pas convaincu. Cela aurait pu être un long essai ?